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Algérie: Dans le cadre de la manifestation «la Méditerranée en musique», l'Institut du Monde arabe rend hommage à Cheikha Rimitti

21 Janvier 2007

La scène de l'Institut du Monde arabe (IMA) de Paris a été réservée vendredi soir dernier pour un hommage à la défunte Rimitti, la cheikha qui s'est abreuvée aux sources du raï originel et a inspiré ses puînés dont certains ne se sont pas gênés pour lui voler ses textes.

Les organisateurs de la soirée ont confié à cheikha Rabia leur scène et le nombreux public venu retrouver sa «mamie» du raï à travers une de ses héritières. Et il ne sera pas déçu. Cheikha Rabia lui servira les plus belles chansons du répertoire de Rimitti, dont S'hab el baroud, la Camel et l'incontournable N'ta goudami, la dernière chanson (fin 2005) de Rimitti.

Evidemment, cheikha Rabia donnera un peu du sien et interprétera quelques-unes de ses chansons qui ne déparent pas le tableau, car inspirées de ce raï «authentique, traditionnel que la défunte a toujours défendu à travers ses chansons», dira à l'APS la chanteuse établie en France depuis plusieurs années et qui se revendique comme l'«héritière de cheikha Rimitti» avec laquelle elle a chanté en Algérie et de qui elle a beaucoup appris. «En tout cas, j'essaie de l'être en contribuant à perpétuer ce genre musical traditionnel, dont elle est l'une des figures emblématiques», précisera-t-elle. «Je suis fière de rendre cet hommage à une telle figure de notre patrimoine musical. Rimitti est partie et elle a laissé derrière elle un vide qui se fait sentir au fur et à mesure que le temps passe [ ], Rimitti reste présente dans nos esprits et nos coeurs.

Et en lui rendant cet hommage, aujourd'hui et en cette soirée à l'IMA, c'est une occasion de revisiter son riche répertoire et de souligner cette présence virtuelle, à travers les oeuvres qu'elle a léguées à notre patrimoine culturel», ajoutera-t-elle.

Cheikha Rabia est née il y a une cinquantaine d'années à Relizane, la ville où Rimitti a fait ses premiers pas en tant que chanteuse. Elle a fait ses «classes» de raï traditionnel au sein de sa famille maternelle avant de monter sur scène. En 1977, elle est partie pour Paris, mais, bien que -ou parce que !- la cheikha est une digne héritière des mères et pères fondateurs du raï originel-, elle peinera pour trouver sa place au soleil. En plus de cet hommage, la scène de l'IMA prévoit d'autres rendez-vous avec la chanson et la musique algériennes, telle la soirée de musique andalouse avec l'ensemble El Mawsili dirigé par Farid Bensarsa, qui est programmée pour le 20 janvier prochain. Ces soirées algériennes et bien d'autres de Corse, de Sardaigne, de Sicile, d'Albanie, d'Espagne, du Portugal ou d'Egypte sont programmées dans le cadre de la manifestation «la Méditerranée en musique» qui s'est ouverte en octobre dernier et devrait se poursuivre jusqu'au mois de juin prochain.

Une «pléiade d'artistes de grand talent se succèdent cette année, sur la scène de l'IMA, pour conter l'histoire de la «Méditerranée musicale» et dévoiler les rebondissements et les emprunts de toute nature qui la caractérisent», écrivent les organisateurs sur le site Web de l'IMA.

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